Le bilan de compétences et autres actions d’accompagnement aux transitions professionnelles au regard de la psychologie quantique.

Quelques éléments supplémentaires relatifs à la posture du consultant dans ce type de prestation.


Sommaire :

  1. préliminaires

Les propos suivants s’appuient sur l’article « on pense tous quantique » du n°1177 du mois d’octobre 2015 de la revue Science &Vie. (textes notés en italique)

L’expérience acquise en terme d’accompagnement aux transitions professionnelles dans le cadre de Bilans de Compétences ou autres prestations m’a conduit il y a quelques temps à penser : « la construction de projet ne se fait pas toujours de manière, semble-t-il, logiquement structurée. L’aléatoire y est parfois présent et parait y avoir sa nécessité. La mobilisation d’un réseau de pensées à partir duquel des solutions apparaissent restent quelquefois peu compréhensibles pour le consultant accompagnateur.

Le mot « quantique » m’est apparu cohérent avec ce que je constatais. Quelques temps après, j’ai eu le plaisir de consulter l’article de Science & Vie qui me donnait un potentiel d’explications. Je suppose que d’autres articles traitent également de ce sujet.

Le travail d’orientation, de transition, d’élaboration de projet se conçoit pour nombre de participants de manière « non linéaire ». Une logique non « traditionnelle » semble y être mobilisée par l’intéressé qui peut élaborer ainsi la construction de son projet professionnel.

Si généralement une approche telle que l’ADVP (Activation du Développement Vocationnel et Personnel), qui présente quatre phases successives, s’avère efficace, il conviendrait que le consultant puisse concevoir des approches différentes, non structurées, activées par le participant.

L’article expose, en s’appuyant sur des expériences scientifiques, quatre démarches de la pensée contraire à une logique non quantique. Il semble ainsi que notre pensée puisse travailler de manière « aléatoire », non cartésienne. En utilisant le réseau de sa pensée, de son expérience, de ses différents types de savoir. Une personne en phase de transition pourra passer pas des états et des modes de fonctionnement peu cohérents avec une logique cartésienne, binaire, linéaire, chronologique.

Les interprétations notées ci-après sont indiquées dans le cadre d’un processus d’élaboration de projets professionnels, de bilan de mise en perspective des compétences, attraits, savoir (bilan de compétences dynamique).
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2. La superposition d’états :

« Sur les 9 volontaires, ceux qui avaient dû prendre une décision intermédiaire avaient moins confiance en leur jugement que les autres. (page59).

« Contrairement au schéma de pensée classique, qui suppose que notre opinion est toujours dans un état bien défini et que prendre une décision consiste à lire cet été, le modèle quantique suppose que notre opinion est dans un état indéfini, une superposition de plusieurs opinions,…. Prendre une décision au milieu du test transforme l’état de l’opinion, la réduit et son état final s’en ressent. » (page59).

« les réponses ne préexistent pas aux questions : elles sont construites par le contexte dans le sont posées ». (p 61)

Interprétation : l’observation modifie l’état par le seul fait d’exister. L’oralisation des ses propres pensées pourrait en être un exemple, la verbalisation permet parfois à l’intéressé de donner corps à ses dire, à se les approprier. La prise de décision intermédiaire pourrait fragiliser le participant, ce qui augmenterait la nécessité de bienveillance du consultant / accompagnateur dans un processus où ce dernier favorise l’autonomie du  participant, l’auto-construction des projets.

Les scénarios construits peuvent dépasser les possibilités prévues, les projets concevable en début d’action, de part l’élargissement de la réflexion.

« Le modèle quantique prévoit en particulier que l’opinion de ceux qui n’ont pas fait de choix intermédiaire, par un effet d’interférence, tend à être plus tranché ». (page 51).

Interprétation : La mise au travail du participant sur son projet pourrait le rendre plus souple à des ouvertures possibles, le doute deviendrait un élément du processus. Lors de la présentation des bilans de compétences, je préviens chaque participant potentiel sur le fait qu’il me dira probablement au 3e entretien qu’il est plus perdu qu’au 1er, alors que sa demande est d’être justement moins perdu au terme du bilan. Et de lui répondre que cette étape est souvent essentielle pour lui permettre de restructurer de manière différentes des attraits, peurs, compétences, savoirs. Au même titre que lorsque l’on veut réorganiser une armoire, il convient en général de tout sortir de cette armoire. Lorsque tout le contenu est par terre, il est fréquent de se dire que l’on n’aurait peut-être pas dû, mais cette une condition nécessaire d’une réelle remise en question. La confiance envers le consultant est à ce moment important voire incontournable.
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3. l’interférence :

Dans un jeu de hasard, le fait d’avoir une information sur le résultat d’une action (résultat positif ou négatif) augmente la probabilité de rejouer. (page 60).

Interprétation La dynamique naît de la confrontation à ce qui a été fait, travaillé, envisagé.

L’implication, la motivation, le bouillonnement de pensée s’appuient sur les informations reçues lors des précédents entretiens. Ceci signifierait que la demande peut se modifier tout au long de la démarche, que la demande initiale évolue. Ce point semble fréquemment constaté lors de coaching / accompagnement, bilan de compétences …. quand ceux-ci ne sont pas téléguidés par le consultant/conseiller.
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4. l’intrication :

Indique que « nombreux sont ceux qui considèrent que ce n’est ni l’un ni l’autre cela peut néanmoins être l’un ou l’autre ».

C’est l’expression de la « difficulté à catégoriser les choses».

Interprétation : Ce qui signifierait que si un participant n’est intéressé ni par un projet A, ni par un projet B il peut toutefois l’être pour un projet (A ou B).

Accepter ce fait indiquerait que l’analyse successive des projets A puis B, et la mise à l’écart de ceux-ci par un participant ne signifie pas pour autant que présentés différemment (A ou B) il puisse y adhérer. La logique « linéaire » des étapes successives est ainsi remise en question. L’analyse simultanée des deux projets pourrait donner des résultats différents à l’étude successive de ces deux projets.

La posture de « conseiller » risque fort de contrecarrer une telle hypothèse de travail.
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5. l’oscillation :

Sur l’exemple du Cube de Necker et de l’illusion d’optique qu’il présente, la vision que l’on en fait oscille entre deux états sans qu’un choix soit possible.

Interprétation :  Accepter qu’un participant puisse osciller entre plusieurs projets sans qu’il lui soit possible, à un moment donné de choisir, s’avèrerait ainsi être potentiellement une phase cohérente dans une « logique quantique » de travail d’orientation ou de transition. Le participant se trouve dans l’incapacité de choisir. Ilé conviendrait donc d’accepter cet état de fait sans vouloir l’éluder, sans vouloir le brusquer. Le temps du participant n’est pas le temps du consultant accompagnateur.
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6. Conclusion :

Le consultant / coach / accompagnateur propose un cadre de travail et admet, voire promeut, le fait qu’à l’intérieur de ce cadre tout est aléatoire mais que l’assurance de maintien du cadre permet le travail de s’effectuer. Le consultant ne domine pas tout le processus mais en garantit le fonctionnement.

Ainsi l’acceptation d’une démarche quantique de la pensée conduirait à valoriser ce qui est généralement rejeté par les financeurs ou commanditaires dans le cadre de procédure « qualité » qui s’appuie sur la linéarité des procédures. Ceci est néanmoins compris par les candidats aux accompagnements. Il conviendrait ainsi d’admettre une évaluation « qualité » qui repose davantage sur l’analyse des résultats que sur l’analyse des procédures. Le fait que l’objectif puisse être atteint et ce dans un niveau supérieur de qualité, justement parce que la compétences et posture du consultant sait gérer cet aspect quantique, devrait être valorisé.

L’analyse de la performance d’un accompagnement s’appuierait davantage sur l’analyse des résultats que sur celle de la procédure mise en place.
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Jean-Louis Vincent, le 19 avril 2018